CNIL 2026 : gérer les pixels de suivi dans vos emails [MAJ Juin 2026]
24 juin, 2026
Temps de lecture : 9 min.
En bref :
- La CNIL a publié sa recommandation définitive sur les pixels de suivi dans les emails. Ces images invisibles (ouverture, moment, appareil) relèvent désormais du même régime que les cookies : article 82 de la loi Informatique et Libertés et RGPD.
- Consentement requis pour la mesure individuelle des ouvertures, le ciblage, le profilage et la détection de fraude.
- Exemptions strictement encadrées : sécurité et authentification, délivrabilité sur communications transactionnelles ou expressément demandées, gestion des inactifs (seule la date de dernière ouverture, à la journée, peut être conservée).
- Pas d’opt-in rétroactif sur les bases existantes — l’évolution la plus attendue. Mais obligation d’informer les destinataires avant le 14 juillet 2026, avec possibilité d’opposition simple.
- Le BtoB est concerné : le régime du pixel est indépendant de celui de l’email. Même quand le consentement n’est pas requis pour la prospection, le suivi par pixel l’exige.
- NP6 by ChapsVision : gestion du consentement configurable au niveau du compte, mesure individuelle limitable aux contacts consentants, anonymisation automatique des non-consentants, traçabilité complète pour l’audit.
C’est le sujet impactant du moment : La CNIL publie sa recommandation définitive sur l’utilisation des pixels de suivi dans les emails (images invisibles permettant de détecter l’ouverture, le moment, l’appareil, etc.) qui relèvent de la législation sur les traceurs (article 82 de la loi Informatique et Libertés) et du RGPD, au même titre que les cookies.
Après plusieurs mois d’attente, de consultation publique, d’échanges avec les acteurs du marché, auxquels nous avons activement contribué dans le cadre de notre réponse commune à la consultation publique publiée cet été au sein d’un Collège de routeurs emails membres de Signal Spam, et de webinars animés par la CNIL, cette version finale apporte des clarifications importantes et structurantes.
Ce que la recommandation 2026 définitive de la CNIL confirme
Rappelons d’abord les points qui ne changent pas et ce que la recommandation confirme :
- Un consentement clair, spécifique, éclairé et univoque requis pour les finalités suivantes :
- L’analyse individuelle du taux d’ouverture dans le cadre de la mesure et de l’optimisation des performances des campagnes emails et à des fins délivrabilité autres que celles éligibles à une exemption
- Le ciblage des destinataires via l’analyse des taux d’ouvertures, A des fins de mesures et d’optimisation des performances pour adapter la pression marketing, le canal de communication ou la personnalisation d’un contenu en conséquence
- Le profilage des destinataires en fonction de leurs centres d’intérêts et en vue de les cibler sur d’autres canaux de communication (sites web, applications mobiles…)
- La détection et l’analyse de suspicion de fraude telles que l’identification d’ouvertures inhabituelles ou massives qui pourrait indiquer un comportement automatisé (inscriptions massives à un jeu concours, tentatives d’exfiltrations d’informations…) possibles, mais strictement encadrées : Pour les pixels utilisés exclusivement à des fins techniques (sécurité, authentification), mais également pour la mesure individuelle du taux d’ouverture des emails à des fins de délivrabilité (nettoyage de bases, gestion des inactifs), uniquement pour des emails transactionnels ou rattachés à un service demandé.
Cette vision par finalité est particulièrement importante, la CNIL l’a rappelé lors de ses deux webinars.
Ce sont ces finalités qui vont vous permettre de déterminer si le consentement est nécessaire ou non, si une exemption est applicable mais également le niveau de granularité que vous allez proposer lors du recueil du consentement.
Des exceptions au consentement sont possibles pour certaines finalités mais strictement encadrées :
- La sécurité et l’authentification, via la mise en œuvre de mesures visant à participer à l’authentification d’un utilisateur (user-centric).
- La délivrabilité, via la mesure individuelle du taux d’ouverture à des fins délivrabilité, dans le cas de communications expressément demandées ou de type transactionnel et pour les cas spécifiques suivants :
- La gestion de l’inactivité via l’adaptation de la fréquence ou l’arrêt des envois vers les destinataires qualifiés d’inactifs.
Attention : le responsable de traitement devra être en mesure de prouver cet objectif et seule la date de dernière ouverture connue (à la journée uniquement et avec une mise à jour de la date qui vient écraser la précédente) pourra être conservée pour ce faire.
L’obligation légale d’information dès lors que la conservation de l’ouverture contribue à démontrer le respect d’une obligation légale d’information s d’ouverture et des clics fait partie de nos capacités natives, permettant à nos clients d’anticiper l’encadrement prévu par la CNIL.
Quelques exemples de typologies d’envois qui rentrent dans les exemptions : welcome email, notifications d’évènements (expédition colis, facture d’achat), réinitialisation de MDP, réponse à des demandes envoyées à un service client… Newsletter sur inscription du destinataire, email de prospection avec preuve de consentement de l’utilisateur
La recommandation finale confirme certaines modalités pratiques :
- Informer clairement le destinataire sur les finalités et les acteurs impliqués
- Recueillir le consentement au moment de la collecte de l’adresse électronique (pratique recommandée) ou ultérieurement via un lien intégré dans un email sans pixel de suivi
- Donner la possibilité d’un retrait simple et accessible du consentement via un lien de retrait dans chaque email, avec un potentiel effet immédiat
- Pouvoir démontrer (en tant que responsable de traitement) à tout moment que les utilisateurs ont donné leur consentement
Et apporte un élément majeur : la non-obligation d’opt-in massif et rétroactif sur les bases de données existantes, c’est probablement l’évolution qui était la plus attendue. La CNIL précise qu’elle n’impose pas de recollecter mais annonce aussi :
- L’obligation d’informer les utilisateurs dans un délai de 3 mois – date buttoir au 14/07/2026 – de manière claire et accessible
- La nécessité de permettre une opposition facile dans cette communication d’information
- L’obligation de recueil d’un consentement valide et conforme pour tout nouvel usage ou pour toute nouvelle adresse email
La CNIL précise également que le régime du consentement aux pixels de suivis est indépendant de celui de l’email. Ainsi, le BtoB qui n’est aujourd’hui pas concerné par le sujet du consentement dans le cadre de la prospection email se voit concerné par le consentement à l’utilisation des pixels de suivi.
La CNIL a précisé qu’il n’y avait pas d’exemption possible pour les communications de type démarchage commercial non soumis au consentement.
Concrètement, quels sont les impacts pour nos clients expéditeurs/annonceurs ?
- Obligation de recueillir un consentement explicite
- Réduction de la capacité à mesurer l’efficacité individuelle des campagnes
- Complexification des workflows et de la gestion des données : collecte, stockage, traçabilité et retrait du consentement.
- Complexification du contexte juridique et technique
Chez NP6 by Chapsvision, la conformité réglementaire et la protection des données personnelles sont intégrées au cœur de la plateforme. Afin d’accompagner l’évolution des recommandations de la CNIL sur le tracking email, NP6 propose une gestion avancée du consentement et des mécanismes de mesure permettant d’adapter précisément les pratiques de suivi aux finalités poursuivies.
1. Gestion du consentement configurable et centralisée
La plateforme permet de définir, au niveau du compte, si le consentement au tracking est collecté et comment il est interprété.
- Gestion indépendante du consentement pour les ouvertures email et les clics sur les liens.
- Politique de mesure définie une seule fois au niveau du compte puis réutilisable sur l’ensemble des campagnes.
- Conservation de la preuve du consentement possible dans les données de référence du contact.
2. Une politique de mesure adaptable à chaque campagne
Chaque campagne email peut hériter de la politique définie au niveau du compte ou appliquer une configuration spécifique.
Les utilisateurs peuvent choisir de :
- Mesurer individuellement les ouvertures et les clics.
- Limiter la mesure individuelle aux seuls contacts consentants.
- Anonymiser automatiquement les données des contacts non consentants.
- Désactiver totalement tout mécanisme de tracking lorsque cela est nécessaire.
Cette approche permet d’adapter la mesure aux objectifs de chaque communication tout en conservant la maîtrise des enjeux de conformité.
3. Prise en compte des finalités exemptées prévues par la réglementation
Certaines finalités peuvent être maintenues indépendamment du consentement lorsque leur utilisation repose sur une base légitime conforme aux recommandations de la CNIL.
NP6 permet notamment de :
- Maintenir les mécanismes nécessaires à l’analyse de la délivrabilité des emails.
- Conserver les indicateurs utiles à la gestion des contacts inactifs.
- Continuer à assurer les traitements techniques liés à la sécurité, à l’authentification ou aux fonctionnalités indispensables du service.
Lorsque ces finalités sont utilisées, les mécanismes de minimisation appropriés peuvent être appliqués selon la politique définie par l’organisation.
4. Préservation de la valeur analytique
Même lorsque la mesure individuelle est limitée ou anonymisée, la plateforme conserve les indicateurs nécessaires au pilotage de l’activité.
Les équipes marketing peuvent ainsi continuer à suivre les performances globales de leurs campagnes, analyser leur délivrabilité et piloter leur stratégie relationnelle tout en respectant les choix exprimés par leurs contacts.
5. Traçabilité et auditabilité
L’ensemble des règles de mesure appliquées est centralisé et traçable.
Les organisations disposent ainsi d’une visibilité claire sur les politiques de consentement utilisées, les exemptions activées et les mécanismes de mesure mis en œuvre, facilitant les démarches d’audit, de contrôle ou de démonstration de conformité.
Grâce à cette approche, les annonceurs peuvent concilier performance marketing, pilotage opérationnel et respect de la vie privée, tout en anticipant les évolutions du cadre réglementaire.
Retrouvez les recommandations complètes sur le site de la CNIL :
https://www.cnil.fr/fr/recommandation-pixel-suivi-courriels.
FAQ : les questions les plus posées sur la recommandation CNIL pixels de suivi 2026
Un pixel de tracking est une image invisible intégrée dans un email. Lorsque le destinataire ouvre l’email et que les images sont chargées, une requête est envoyée au serveur de l’expéditeur permettant de mesurer l’ouverture et de remonter certaines informations techniques.
Oui. C’est l’un des points structurants de la recommandation finale. La CNIL précise que le consentement aux pixels de suivi est indépendant du régime applicable à l’email lui-même. Même si la prospection email BtoB fonctionne sur le principe de l’opt-out, l’insertion d’un pixel de suivi dans un email envoyé à une adresse nominative requiert un consentement spécifique. Le BtoB doit donc s’aligner sur les mêmes exigences que le BtoC pour ce qui concerne le tracking.
Partiellement. La recommandation prévoit des exemptions strictement encadrées. La mesure individuelle du taux d’ouverture est autorisée sans consentement uniquement à des fins de délivrabilité (nettoyage de bases, gestion des inactifs), et uniquement pour des emails transactionnels ou rattachés à un service demandé par le destinataire. Dès lors que la donnée d’ouverture sert à personnaliser le contenu, adapter la pression marketing ou alimenter un profil, le consentement est obligatoire. Notre solution NP6 gère automatiquement cette distinction : anonymisation pour les contacts sans consentement, tracking complet pour ceux qui ont accepté, tout en conservant la pertinence statistique globale des campagnes.
Source : Recommandation complète CNIL — pixels de suivi dans les courriels
